Bilan du salon de Kercabellec 2017

Oui, je ne suis pas très frais, je l'avoue...


Samedi 5 août, 23h57

« Bon allez, je dois me lever dans six heures, il est temps d'aller me coucher ! ».
J'éteins mon ordi, passe sous la douche, me brosse les dents et pars m'allonger dans mon lit. De nombreuses images traversent mon esprit. J'imagine comment va se dérouler le salon, comment vont être mes voisins. J'essaie de visualiser le nombre de visiteurs. J'anticipe mes futurs dédicaces. Je tourne et retourne dans mon lit. N'arrivant pas à tomber dans le sommeil, je jette un œil au réveil : 1h41.
« Merde, je n'arriverai pas à dormir. Je suis bien trop excité... Mais il le faut. La journée risque d'être longue et j'ai beaucoup de trajet pour y aller et revenir. »
Je me retourne une nouvelle fois, puis tente de détendre chacun de mes muscles, sans succès. Dix minutes plus tard, j'abandonne et me relève. De toute façon, je n'ai jamais été capable de dormir avant un événement important, ça n'est donc pas une surprise. Je retourne à mon bureau, rallume l'ordi, puis passe mon temps à regarder des vidéos sur Youtube tout en me gavant de café.

Vers 6h30, je fais à nouveau l'inventaire de mes deux cartons, histoire d'être sûr de ne rien avoir oublié. Livres : OK. Présentoirs : OK. Monnaie : OK. Rassuré, j'avale les quelques gorgées qui restent dans le mug et me prépare à sortir. Je descends au garage, dispose le tout dans le coffre et consulte le GPS, qui m'annonce 1h45 de trajet. C'est parti !
Je m'engage sur la rocade de Rennes puis sors en direction de l'aéroport. Je continue ma route vers St Nazaire en suivant consciencieusement les directives de la voix féminine émanant de mon téléphone. Au bout de trois quarts d'heure, je quitte la voie rapide et commence à traverser petits villages après petits villages. Vu comment le salon semble être dans un trou paumé, je commence à douter du nombre de visiteurs. Mais bon, les organisateurs ont annoncé près de 170 auteurs, ce qui en fait l'un des plus gros salons du coin, il n'y a donc pas de raisons de douter.
Je finis par enfin arriver à Mesquer. Je suis les panneaux indiquant le salon mais j'ai dû en rater un car je me mets à tourner pendant vingt bonnes minutes dans la ville, en demandant plusieurs fois mon chemin. Une fois garé sur le parking, soulagé, j'ouvre le coffre, prends les cartons et me dirige vers l'entrée.

Je donne mon nom à un bénévole, qui me retrouve dans sa liste et me guide jusqu'à mon emplacement. J'y découvre une brochure contenant un badge, un présentoir au format A4 plié affichant mon nom, un courrier expliquant le déroulement du salon ainsi que deux tickets servant de monnaie d'échange pour un café et une bouteille d'eau.
« Cool ! Les organisateurs semblent avoir pensé à tout. »
Je dispose mon matériel de la manière qui me semble la plus appropriée et retourne à ma voiture pour y déposer les deux cartons vides, avant de retourner m'installer à ma place. Il est 9h05 et je suis visiblement le premier arrivé de ma rangée. J'en profite pour faire un tour. Je constate que, bien que je sois installé en extérieur, il y a également des auteurs à l'intérieur de la salle. Je parcours donc les allées. Je remarque qu'il n'y a pas que des auteurs de littérature, il y a aussi des illustrateurs, des libraires voire carrément des maisons d'édition. Je discute rapidement avec certains d'entre eux puis retourne m'asseoir.

Vers 9h45, mes collègues de chez Nutty Sheep arrivent. Je fais donc la connaissance de Mathilde et Guillaume Chau, de Patrice Quélard ainsi que de Vincent David, qui est le seul à avoir un nom de plume (Félix Lejaune) et qui sera mon voisin direct dans la rangée. À cet instant, je suis plutôt rassuré, car ils ont tous l'air d'être vraiment sympas. Cette impression se confirme rapidement alors qu'ils s'installent et qu'on commence à papoter.
10h sonne, les premiers visiteurs commencent à arriver. Et alors que je les observe parcourir les allées, je fais une déduction qui s’avérera vraie pour le reste de la journée : il n'y a que des vieux. Mes voisins et moi-même les regardons passer devant nos stands en y jetant qu'un bref coup d'œil. Produisant pour la plupart de la littérature imaginaire, ils ne sont définitivement pas nos cibles.

Vincent me partage le sentiment qu'il a d'être un animal du zoo. Je lui réponds que le pire, c'est qu'on regarde plus nos étiquettes indiquant notre espèce que nous.
À partir du moment où le soleil s'est caché derrière la tente qui nous abrite, nous avons commencé à avoir un peu froid. Certes, il doit faire dans les 20-22 degrés, mais rester immobile, à l'ombre, avec un léger vent, me fait légèrement grelotter. Et j'imagine que ma fatigue doit accentuer le processus. Heureusement, j'ai pris ma veste et n'hésite pas à l'enfiler quand mes membres se mettent à trembler un peu trop.
Un peu avant 13h, le maire nous rend visite. Enfin... il rend surtout visite aux auteurs qui sont à l'intérieur de la salle. On l'entend parler, ainsi que les organisateurs, dans les haut-parleurs, puis vient enfin le "verre de l'amitié". On se relaie pour quitter nos stands afin d'aller chercher notre coupe. J'en profite pour faire un rapide bilan de la matinée avec Guillaume, qui confirme mon impression : on ne vendra pas grand chose aujourd'hui.

On mange, on papote. L'après-midi s'enchaîne de la même manière. Vers 16h, la petite famille de Vincent vient lui rendre visite. Le courant passe de suite avec l'une de ses filles, Cassandre, 8 ans, qui me fait beaucoup penser à ma petite Maë. Lassé d'offrir inutilement un visage souriant aux passants, je décide plutôt de discuter avec elle. Elle joue à la vendeuse de livres à la place de son père, cherche des endroits insolites où attacher le badge. Même si j'ai été ravi d'avoir Vincent comme voisin, tant il est sympa et a passé la journée à faire des blagues, je dois avouer que passer un peu de temps avec sa fille m'a redonné un coup de fouet. Mais ça m'a aussi fait ressentir à quel point mes filles me manquaient. Mais bon, cet article n'est pas là pour étaler mes états d'âme...

À ce stade, nous en avons tous marre d'être là et n'attendons que la fin du salon. Nous avons d'ailleurs tous un doute sur l'horaire : 18h ou 19h ? La famille David décide de partir à 18h pour aller se baigner, j'en fais de même (mais pas pour les mêmes raisons ^^). Je retourne à ma voiture pour chercher les cartons et remballe tout mon bazar. Je salue tout le monde et m'installe derrière le volant.
Surprise, le GPS ne veut pas se mettre en marche pour raison d'impossibilité de joindre les serveurs de Google. Je peste à l'idée de devoir faire la route sans et tente de reprendre le chemin en me basant sur ma mémoire. Après quelques temps, le GPS veut bien fonctionner à nouveau et je peux entamer une conduite décérébrée en n'écoutant que sa voix.
20h12, j'ai enfin le cul posé sur ma chaise de bureau.


Bilan de ce salon : je n'ai absolument rien vendu. J'en suis pour près de 400 boules de ma poche (livres + matos + monnaie + essence) et ça ne m'a rien rapporté.
Mais j'ai quand même passé une bonne journée, grâce notamment à mes voisins, tous très sympas. Big Up à vous, spécialement à Vincent.
À cet instant, je doute de vouloir retourner dans un salon. Ou alors, j'essaierai d'en choisir un qui a un thème plus proche de la littérature imaginaire. Au final, ça me conforte dans l'idée de rester dans le virtuel avec mes ebooks, plutôt que de travailler le format papier. Je vais essayer de voir avec les librairies du coin pour écouler mon stock, mais vu le peu de marge que j'ai avec Nutty Universes, ça n'est pas gagné.

Bref, bilan mitigé donc...

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