L'écrivain, un ambassadeur de la langue ?

Comme à l’accoutumée, je m'interroge sur mon art et, en ce moment, c'est vers mon rôle en tant qu'écrivain que se tourne ma réflexion.

Il y a peu, j'ai vu une vidéo sur Youtube parlant du "Français du futur", par Linguisticae (voici le lien pour ceux qui veulent comprendre de quoi je parle : Le français du FUTUR). Dedans, il y parle, entre autre, de ce qui a tendance à disparaître ou à être modifié avec le temps, et fait des estimations sur la langue de demain.

Je me questionne sincèrement sur la place que j'ai envie de tenir, dans tout ça. Je pense pouvoir affirmer sans me tromper qu'un auteur est un ambassadeur de la langue. Par le fait qu'il l'utilise et la diffuse, il participe à sa vie (dans le sens de langue vivante).
Mais de quelle version est-il le porte-parole exactement ? De quel genre de littérature ? La "traditionnelle" ou la "courante" ? Bon... en ayant fait le choix de poser toute ma narration au présent avec un style simple et fluide, je pense avoir déjà choisi mon camp. Mais il n'est pas idiot de s'interroger sur le sujet.

J'imagine que beaucoup d'auteurs choisissent la version traditionnelle pour son côté noble et historique. Mais je dois reconnaître que, personnellement, le passé simple m'horripile. Déjà parce qu'on a vite fait de le transformer en imparfait en ajoutant un "s" à la première personne du singulier (ce qui casse la temporalité du récit) ; Ensuite parce qu'avec lui, l'imparfait, le passé composé, le plus-que-parfait et le passé antérieur, ça devient vite le bordel dans la narration ; Enfin parce que je le trouve moche et que personne l'utilise pour parler couramment.

Donc est-ce par fainéantise d'apprendre et de maîtriser, ou bien par soucis d'être contemporain, que ma narration est au présent ? Difficile à dire. Je pense que ce qui anime mon choix, c'est avant tout d'être proche de mon public. Mais est-ce la bonne décision ?

Un auteur doit-il être le gardien de la tradition ou bien un précurseur de l'évolution ? Doit-il parler la langue d'hier ou celle de demain ? Utiliser la narration d'avant ou celle de maintenant ? Ça n'est pas évident, semblant de rien. On peut supposer que c'est un choix personnel, tout aussi important que le message ou les intentions. Mais n'y a-t-il pas une "bonne chose" à faire ?

En choisissant la version traditionnelle, un auteur n'empêche-t-il pas (à une moindre échelle, ça va de soi) la langue d'évoluer ? À l'inverse, écrire de manière contemporaine ne brise-t-il pas la noblesse de notre langue ?
La tradition mérite-t-elle de disparaître ? La nouveauté mérite-t-elle d'exister ? Des questions complexes qui, selon moi, devraient arriver dans la tête d'un auteur.

Quel rôle a-t-on envie de jouer dans notre société actuelle ?

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